Les 3 Règles pour rester proche de son Vrai Soi (et relancer l’Inspiration dans la foulée)



Nous sommes en juillet 2015, devant mon écran d’ordinateur. J’écris mon nouveau livre, que je suis supposée rendre quelques semaines plus tard. Subtile correction: je végète assidument devant ledit écran, le regard vide et le pouls faible, en probable cataplexie, en implorant les muses de bien vouloir daigner me souffler les prochaines lignes de mon oeuvre.

Manque de chance, elles étaient sans doute parties faire les soldes. Les jours d’avant aussi; les jours d’après aussi. C’est long, les soldes.

Me voilà donc harassée et inerte, pataugeant dans un marais de doutes effroyablement profond (maintenant que j’y repense, je crois que c’est là que j’ai perdu mes clés), à me demander s’il ne vaudrait pas mieux que je plaque tout pour aller vendre du fromage sur les marchés (activité que j’ai pratiquée autrefois et qui m’a d’ailleurs tout à fait satisfaite).

A me demander aussi comment, OUI, COMMENT, moi, psychologue et coach, je pouvais me retrouver dans cet état de profonde léthargie absolument assommante; et en en nourrissant bien sûr une culpabilité abyssale; sortez les orties fraiches.

S’en est suivie (je fais bref, hein) une journée d’auto-coaching aussi laborieuse que vertigineuse où j’en suis arrivée, le soir venu, exsangue, à la conclusion que j’avais littéralement bafoué 3 de mes règles de base (au minimum), qui sont les sources du Vrai Soi, et qui s’avèrent aussi très utiles pour relancer l’Inspiration (il y a en a d’autres, mais celles-ci sont vraiment importantes); celles que je transmets chaque jour à mes clients depuis 8 ans:

Règle n°1: Rester au plus proche de ses ressentis et de sa vérité (même et SURTOUT si cette dernière n’est partagée par personne)

Règle n°2: Nourrir son énergie vitale (envers et contre tout, et en absolue priorité) de Repos.

Règle n°3: Nourrir son énergie vitale (envers et contre tout, et en absolue priorité) de Fun.

Je m’étais ainsi retrouvée, sans réellement m’en apercevoir, à des lustres de mon Vrai Moi, (quelque part entre Foufnie-les-Berdouilles et Melon-Les-Bourrichoux), en acceptant de rendre un manuscrit sur une thématique complexe et subtile à une date qui ne suivait pas mon rythme ni mon intuition mais qui avait été décrétée comme étant «la bonne date», d’après le Grand Oracle Marketing de l’Edition. Et cette prouesse impliquait de facto ce qui est tant valorisé dans notre société occidentale, et ce qu’on pense d’ailleurs être la seule et unique manière de «réussir», à savoir: sortir son armure de guerrière, aligner les nuits sans sommeil en se gavant de substances toniques, faire face à des doses massives de stress en manquant d’y laisser à chaque instant un organe vital, foncer tête baissée avec son casque à pointe en arrachant indistinctement tout et tout le monde sur son passage (même les gentils), aller au feu jour après jour en agitant frénétiquement et à l’aveuglette sa petite épée en ignorant la faim, la douleur, et la soif, et en tentant d’assommer à grands coups de bouclier tous les signaux d’alarme intérieurs qui s’allument comme un tableau de bord dégénéré à toute heure du jour et de la nuit, et qui annoncent une mort cérébrale et émotionnelle certaine et imminente.

L’énergie de la Lutte. Qui, non contente de nous vider de toute substance vitale, n’arrive pas, en terme de performance et d’efficacité, à la cheville de l’énergie du Fun, car cette dernière, en augmentant notre vitalité, notre bien-être, notre santé, notre créativité, décuple notre productivité dans tous les domaines de notre vie (je parlerai d’ailleurs plus avant de ce point dans ledit futur livre).

Le réveil fut rude mais fort salvateur. Je devais urgemment réintégrer ces règles bienfaitrices dans ma vie. Mais pas les trois à la fois. Car à vrai dire, à ce moment-là, je n’avais même pas assez d’énergie pour imaginer ce à quoi pouvait bien ressembler le Fun; et ne parlons même pas d’expérimenter le Fun: mon coeur aurait vraisemblablement lâché. Mais il fallait donc commencer par 2 choses: La Vérité. Et le Repos.

La Vérité d’abord: J’écrivis, tremblante et blême, un email à mon éditrice pour lui dire (je ne m’en serais jamais crue capable une semaine auparavant) que je ne pourrais pas lui rendre le manuscrit impatiemment attendu et à demi pré-vendu dans les temps impartis. Que j’étais épuisée, et trop stressée. Et que je ne voulais pas ça. Je ne le voulais pas. Que ce que je voulais, c’était mettre en forme ce qui m’habitait vraiment et que je ne pourrais y arriver qu’en respectant mon rythme et celui du livre; je ne pourrais y parvenir qu’en ouvrant mon coeur et en lâchant les armes.

Etrangement, le monde ne s’arrêta pas de tourner suite à cet acte d’authenticité, et rien n’explosa autour de moi. Réfugiée dans un abri anti-atomique de confection artisanale (mon canapé, la tête sous les coussins), j’eus le plaisir de recevoir un email incroyablement bienveillant de mon éditrice, qui me tira quelques larmes, et me permit de passer un peu plus aisément (j’y serais de toutes façons passée, retour positif ou non), à la deuxième phase des grandes retrouvailles avec mon Vrai Moi: Le Repos. Qui prit en gros la forme d’un vaste abrutissement télévisuel, où se succédèrent les intégrales des saisons d’un nombre impressionnant de séries, (je pense avoir été à deux doigts de couler Netflix), en alternance avec des épisodes de sommeil massif et réparateur.

Puis je me sentis petit à petit prête à revenir au monde. Et pus envisager doucement la phase 3: Le Fun. Ô Fun, où te cachais-tu donc depuis tous ces mois… Et quelle était ta tête, déjà? Comment te retrouver? Des témoins, quelque part? Un portrait-robot? Même pas? Ne me dites pas que vous l’avez laissé filer, agent Cooper?? Si?? Bon. Tant pis.

Alors pour le retrouver, je me reposais quelques-unes des questions que j’avais l’habitude de me poser régulièrement lorsque j’étais plus vigilante à mon bien-être, et que je soumets systématiquement à mes clients:

  • Qu’est ce que j’aimais faire quand j’étais enfant/adolescent? Car il se trouve que nos préférences précoces tendent à rester étonnamment stables dans le temps (même si la forme peut varier et s’adapter à nos besoins d’adulte; par exemple, si vous aimiez jouer à cache cache, je ne suis pas tout à fait sûre que le fait de vous dissimuler derrière chaque marronnier du bois de Vincennes vous comblera de joie; mais peut-être qu’une journée paint-ball pourrait être fun)

  • Quelle est la chose simple que j’aimerais faire tout de suite, qui me donnerait un grand souffle de joie? (si vous répondez «Prendre une bonne dose de Mescaline», sachez que ça ne rentre pas dans la définition que je donne ici aux activités Fun: «activités susceptibles de générer d’authentiques et profonds sentiments de Joie»)

  • Qu’est ce qui, quand je le fais, me donne la sensation de vibrer, d’être plus légère, et plus vivante?

Pour moi, le Fun prit la forme de soirées cinéma avec pop-corn sucré, de longues séances de lecture, non pour mon travail mais pour le seul plaisir de lire, de fous rires avec ma fille, de courses poursuites avec mon chien, de Coca-Cola partagé à 40 mètres de haut les pieds dans le vide au Futuroscope, de l’acquisition de magnifiques bottes que je pense être d’authentiques bottes de sept lieues, et tant d’autres euphorisantes petites choses.

Je fis donc une consommation intensive de Fun dans les semaines qui suivirent mon petit chaos. Je me l’auto-prescrivis à doses élevées: tous les jours, au moins 3 fois par jour pendant 3 semaines. Et progressivement, à mon grand soulagement, la guerrière éreintée donna de nouveau de la place à mon Vrai Moi. Et chaque jour, elle lui en cède un peu plus, tant que je veille à prendre soin des 3 Règles: Vérité, Repos, et Fun.

Et vous, mes chers lecteurs, où en êtes-vous sur chacune de ces dimensions vitales? Etes-vous plus proches actuellement de votre Vrai Moi ou de Melon-Les-Bourrichoux?

Si vous êtes plus prêts de Melon-Les-Bourrichoux, faites-vous une faveur: partez vite: les taxes foncières atteignent des sommets et l’espérance de vie y est beaucoup trop faible. Reprenez vite la route de chez Vous, en vous arrêtant à chacune de ces grandioses étapes: Vérité, Repos, et Fun.

Voilà un petit bout de mon histoire.

Et aujourd’hui… Et bien, aujourd’hui, j’arrive de nouveau à écrire. Et ça me rend joyeuse. Et je ne sais pas exactement à quelle date je vais rendre ce manuscrit. Mais ce dont je suis sûre, c’est que le contenu de ce livre sera celui que j’aurai souhaité écrire, et pas un ersatz bâclé et mal corrigé.

Il sera celui que j’aurais souhaité écrire, parce que j’aurai pris plaisir à le créer, et que j’aurai respecté son temps et le mien, ses besoins et les miens.

Et je ne n’aurais voulu, pour rien au monde, vous donner à lire, quand viendra l’heure, un autre livre que celui-ci. Parce que si je n’écrivais pas depuis mon Vrai Moi, à quoi cela servirait-il donc que je vous écrive…


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© MAUD SIMON / Fais ce qu'il te plaît / Witch in the city / My Genius / Little Big Soul, 2019.

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