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Sans titreIls ont osé faire un vrai break (1ère partie)

Article de Marianne Rey, paru dans le magazine « L’entreprise », n°269

 

Passer pour un « looser », freiner  sa carrière , abandonner ses collaborateurs, risquer de couler sa boîte… autant de raisons pour ne jamais appuyer sur « stop » et ne pas relever la tête du guidon. Pourquoi s’arrêter quand le corps tient la route et que le quotidien draîne encore son lot de satisfactions? Pour ne pas mourir à 60 ans d’un infarctus sans s’être interrogé sur le sens de sa vie, répondent beaucoup de ceux qui ont sauté le pas.

 

 » J’ai bien vu qu’on me prenait pour un original lorsque j’ai quitté mon poste de directeur général chez DTZ pour partir sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans un monde où seule la réussite financière compte, expliquer que l’on part pour explorer sa dimension spirituelle reste souvent mal perçu », affirme Philippe Leignel. Un choix plutôt radical mais qui ne l’a pas empêché après cette coupure  de reprendre le collier au poste de président du directoire de la même société.
Ces mêmes interrogations lancinantes sur le sens de l’existence ont poussé Emmanuel Grimaud, président de Maximis Retraite, à tout lâcher en septembre 2001, à l’aube de la quarantaine, alors qu’il était directeur financier d’une grande entreprise de logiciels.
« Mon travail m’amusait mais je passais mon temps dans les avions et sentais que  je risquais ma santé pour des choses qui n’auraient pas de valeur à mes yeux le jour où viendrait le grand bilan. »
Quelques divergences de vue avec ses patrons lui font dire stop.

 

Loin de se lancer dans un grand voyage, il se remet à niveau dans sa vie quotidienne: courrier entassé depuis deux ans -en découvrant au passage qu’il a perdu des fortunes en bourse !-, inventaire de sa cave à vins, déballage d’anciens cartons de déménagement…
Surtout, il retrouve le goût des choses simples et passe du temps avec son fils de six ans. « Je me souviendrai toujours des mots violents qu’il a employés pour me dire à quel point je lui avais manqué ». La prise de conscience d’Emmanuel de son absence dans son rôle de père aura été tardive mais, grâce au break, elle aura eu lieu…
A 48 ans, Pierre Van den Broek, le président de Nim, société de management d’intérim, a lui pris le large au sens littéral du terme en participant à la transat Jacques-Vabre 2007. Ce passionné de voile de longue date décide de plonger dans cette folle aventure alors qu’il vient juste de rencontrer Lalou Roucayrol, son futur coskippeur, chez un ami commun.

 

« Je me suis lancé ce défi  car j’avais besoin de me prouver que je n’étais pas entravé malgré mes fonctions de dirigeant, que je pouvais encore être libre », analyse-t-il. Un manager intérimaire le remplacera pendant 6 mois, dont trois au cours desquels il coupera complètement  les ponts avec sa boîte. Les semaines de préparation intensive et la peur de ne pas être prêt à temps vont développer sa résistance au stress.
 Les dix-neuf jours de course, avec une quatrième place à la clé, ne seront pas non plus de tout repos: « Par un vent de force 9, à la pointe de l’Espagne, notre système de barre a cassé. Pour moi, cela signifiait la fin de l’aventure. Mais le lendemain, Lalou a sorti les pots de résine, le tissu carbone et s’est débrouillé pour reconstituer le tout. J’avais crié défaite trop tôt, j’ai pris ce jour là ma plus belle leçon d’entrepreneur ».

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© MAUD SIMON / Fais ce qu'il te plaît / Witch in the city / My Genius / Little Big Soul, 2019.

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