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Véronique: de la communication aux chambres d’hôtes

Article de Laurence Bourdouleix, paru sur le site www.plurielles.fr
 


Il y a cinq ans, Véronique ouvrait son hôtel de charme, « La Ramade » à Avranches près du Mont St Michel. Elle en a fait un lieu très agréable, fleuri et coloré. Elle nous raconte ce rêve qui lui tenait tant à cœur, puis sa concrétisation.

 

40 ans, l’âge pour changer de vie

 

Pendant 11 ans, Véronique occupe un poste dans la communication chez un grand constructeur automobile. En 1996, elle rejoint le comité d’organisation de la Coupe du Monde de football où elle a en charge les relations avec les villes hôtes des différents matchs. Elle y reste trois ans. Mais son rêve depuis 15 ans est de s’orienter vers le tourisme et d’ouvrir notamment des chambres d’hôtes.
 » En 98, j’allais avoir 40 ans. Je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de rêver ma vie et que je vive mon rêve. La fin de la Coupe du Monde était l’occasion pour moi de sauter le pas. Quand j’ai accepté ce travail, que je savais de courte durée, alors que j’étais très heureuse chez Volkswagen, je savais inconsciemment que c’était pour réaliser ce qui me tenait à coeur. Pendant ces trois années, j’ai mûri mon projet. Dans un premier temps je devais me former à ce métier et donc intégrer une école. Même si je savais que les relations nouées avec les hôteliers pendant la préparation de la Coupe du Monde m’aideraient certainement dans mon entreprise, le pari était loin d’être gagné.  »

 

Retourner à l’école

 

Véronique commence alors à chercher une formation intensive pour apprendre le management hôtelier. En septembre 98, elle reprend le chemin de l’école.  » J’ai trouvé un établissement à Vannes où j’ai appris la gestion, les bilans, les achats… enfin tout ce que je devais savoir pour diriger un hôtel.

 

A 40 ans, c’est difficile de se remettre aux études, qui plus est dans un domaine totalement inconnu pour moi. C’était hyper scolaire. Je me suis retrouvée avec des jeunes qui souvent ne comprenaient pas pourquoi je me lançais là-dedans au vu de mon parcours. De plus, vivre à Vannes a été un gros changement après la vie parisienne.  »
Grâce à ses relations établies lors de son précédent travail, elle trouve un stage à la Baule dans un grand hôtel et se familiarise avec les divers secteurs de l’hôtellerie. Après avoir décroché brillamment son diplôme, elle est embauchée pour six mois comme gouvernante dans un bel hôtel à Dinard, qui compte 90 chambres.  » Ce fut une expérience difficile, mais je voulais me rendre compte de ce travail-là aussi. En dix jours, je suis passée gouvernante générale et je dirigeais 17 personnes.  »
A la fin de son contrat, un poste fixe est proposé à Véronique, mais elle refuse. Là, n’était pas son but. D’autant qu’elle a découvert la difficulté du métier et le peu de reconnaissance envers le personnel. Cette expérience la conforte dans son idée d’acquérir une petite structure pour établir des liens avec les clients.  » Je voulais un hôtel qui ressemble à une maison de famille où les échanges, les discussions avec les clients sont possibles.  »

 

Trouver l’hôtel de ses rêves

 

Diplôme et expérience en poche, Véronique commence alors à chercher la maison qui correspond à ses envies. Originaire de St-Malo, elle opte pour cette région et se donne un an pour la trouver. Au bout de dix mois, toujours rien en vue.

 

Elle décide d’étendre le périmètre de ses recherches. Une agence immobilière lui propose une maison à Avranches, ville d’origine de son mari.  » J’ai pris cela comme un signe du destin. Dès que je l’ai visitée, j’ai su que c’était la bonne. J’en suis tombée amoureuse. Bien située, en bon état, je pouvais immédiatement en faire quelque chose et continuer l’activité de chambres d’hôtes que le propriétaire avait débutée, même si la décoration n’était pas à mon goût.  » Pour Véronique commence alors un parcours du combattant, devis, financement, entrepreneurs, travaux… Heureusement, son père et sa sœur s’engagent auprès d’elle, elle crée une société.

Merci à Laurence Bourdouleix de m’avoir autorisée à reproduire son article.

 

Des moments difficiles

 

Véronique n’a pas d’enfant,  » le vie en a décidé autrement  » confie-t-elle.  » J’ai eu besoin de m’accomplir par autre chose que la maternité. Ce projet était mon bébé à moi.  » Elle sait qu’elle s’engage dans une entreprise périlleuse, mais pas question de vivre avec des regrets. Très vite les inquiétudes s’installent. On lui dit qu’à Avranches, la haute saison ne dure qu’un mois ! La première année s’avère difficile. Elle passe de nombreuses soirées seule dans sa grande maison vide de clients.  » Je me suis fait quelques frayeurs. Au bout de deux ans, je suis passée du statut de maison d’hôtes à celui d’hôtel de charme sans restauration. Une maison d’hôtes est limitée à 5 chambres et le chiffre d’affaires plafonné. Je ne pouvais pas en vivre. Très souvent dans un couple, c’est un complément de revenus, pour moi ça n’était pas le cas. Passer aux normes hôtelières exige de respecter de nombreuses règles. La clientèle est différente. Les choses ont commencé à bouger positivement. La décoration ressemblait à ce que je souhaitais et les publicités dans les guides portaient leurs fruits.  »

 

Etre passionnée

 

C’est un métier contraignant qui demande d’être passionnée pour y arriver et tenir. Les week-ends n’existent plus et la vie privée n’est pas toujours facile.  » Avec Dominique, mon mari, nous savions où nous mettions les pieds. D’autant qu’il travaille à Paris.  » Un choix que certains de ses amis ne comprennent pas, surtout qu’elle était heureuse chez Volkswagen.  » J’ai une vie décalée, mais ça ne m’empêche pas de garder une vie sociale. Il est vrai que lorsque nous voulons partir en week-end, soit je ferme, soit je trouve quelqu’un pour me remplacer. Mais ça n’est pas facile. La réputation de ce type d’hôtel repose aussi sur l’accueil que l’on réserve aux personnes. C’est comme si je les recevais chez moi, dans ma propre maison et non pas dans mon hôtel. C’est un métier très riche de par les rencontres que je fais. Je suis dans une région très touristique, près de St Malo et du Mont Saint-Michel. Certains clients viennent de très loin, ils me font voyager.  » Véronique, heureuse d’avoir concrétisé son rêve de toujours, continue de peaufiner la décoration de son hôtel, elle fait installer prochainement une véranda. De nouvelles chambres aux jolis noms de fleurs, comme toutes les autres (dahlia, églantine, coquelicot), ont vu le jour et elle fourmille d’idées pour faire découvrir davantage sa région à ses hôtes.

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© MAUD SIMON / Fais ce qu'il te plaît / Witch in the city / My Genius / Little Big Soul, 2019.

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