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Du ciel à l’art floral

Comment passer des démonstrations de sécurité en uniforme à l’art de manier la pelle et le terrreau aussi bien que le tulle et les ciseaux?

 

C’est ce que Fabienne a expliqué à Gaëlle Rolin, dans un article paru le 8 avril 2008 sur www.madame.lefigaro.fr

 

Merci a Gaëlle Rolin de m’avoir autorisée à reproduire ce témoignage.

 

 

« À 11 ans, ma sœur a gagné un voyage et découvert le métier d’hôtesse de l’air. C’était sa vocation. Comme je n’avais pas un supercarnet de notes, j’ai décidé de faire comme elle. »
 En réalité, Fabienne se passionne pour tout ce qui pousse dans un jardin. Elle prouve qu’elle a la main verte en aménageant, toute seule, ses 2 500 m2 de terrain dans la Brie :
 « J’ai tout appris, les espèces, la résistance, les couleurs… J’adorais ça, mais je ne le voyais pas comme un métier. »

 

Mais la vie entre deux avions commence à moins lui plaire. Elle se fatigue de ne faire que croiser son mari, chef de cabine. Le déclic survient quand l’une de ses filles lui dit : « Maman, on ne te voit pas assez, tu es tout le temps partie… »
Elle a 37 ans et ignore encore qu’un plan social se prépare chez Corsair. « J’ai  commencé à travailler bénévolement et pendant mes jours de repos chez un fleuriste. » Elle demande un congé individuel de formation. S’ensuivent trois mois de cours en art floral, où elle apprend les bases de la botanique. Elle passe son CAP et effectue son stage pratique avec Muriel Le Couls, Meilleure Ouvrière de France.

 

« Quand j’ai commencé, se souvient Fabienne, ma mère a eu peur pour moi. Mon mari, lui, a été un véritable phare dans la nuit. » Puis, en 2007, comme la météo sociale l’annonçait, Corsair met en place un plan de licenciement. Fabienne profite donc d’un congé de reclassement et touche des indemnités qui lui permettront de fignoler son projet professionnel.
La compagnie aérienne offre même une subvention supplémentaire aux créateurs d’entreprise. Une aubaine !

 

« J’ai failli acheter une boutique pour devenir fleuriste. J’étais sur le point de signer quand je me suis rendu compte que ce n’était pas ce que je voulais. Je n’avais pas envie de travailler toute la semaine, le samedi et le dimanche matin. Je n’avais pas changé de métier pour me retrouver avec un divorce à la clé. »

 

Du terreau aux ciseaux

 

Finalement, Fabienne décide que sa boutique, c’est dans un coin de son garage qu’elle la créera : « Je voudrais transmettre ma passion, enseigner l’art floral, donner des conseils aux jardiniers.  Là où j’habite, vers Coulommiers, il y a beaucoup d’Anglais et je m’imagine parfaitement traduire mes cours. Ce serait un beau challenge. » Autres idées : attirer la gent masculine au jardin et proposer ses services aux wedding planers.

 

Mais elle ne s’arrête pas là : avec l’argent du licenciement, elle commence une deuxième formation au Greta de la mode de Paris : « Petite, je voulais devenir dessinatrice de mode. Mais mes parents ne m’ont pas suivie. »
En fait, Fabienne a tout prévu : elle ne renoncera ni à son amour des fleurs, ni à sa passion de la mode : « L’été, je serai au jardin, et l’hiver, je ferai des robes de mariées. »
 Frustrée de n’avoir pu se marier en bleu comme elle le souhaitait, elle décide qu’elle fera, à son niveau, voler en éclats les traditions des jupons en tulle blanc et des robes meringues.
« En ce moment, je suis exténuée, raconte-t-elle. Entre les heures de transports, les milliers de choses à assimiler, la famille… Mais je ne regrette pas ma décision. J’ai tenu mon pari. C’est un pied de nez à mes parents. Maintenant, j’ai hâte de montrer ce que je sais faire. »

 

Son congé de reclassement court jusqu’en novembre. Elle veut prendre le temps d’installer son atelier à l’abri des sautes de climat et de créer son propre site internet.
Les mots gestion et comptabilité lui font encore un peu peur, mais elle se dit prête à transmettre ce qu’elle sait : « Je ne sais pas si j’ai vraiment conscience de ce qui m’attend, mais je me sens vraiment bien. J’attends l’avenir. »

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© MAUD SIMON / Fais ce qu'il te plaît / Witch in the city / My Genius / Little Big Soul, 2019.

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