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ET AUSSI

Ecouter Mads

 

Danemark, 1770. Les Lumières éveillent peu à peu l’Europe, et font frémir l’absolutisme politique et le dogmatisme religieux. Christian VII est roi. Excentrique ; débauché ; alcoolique ; déluré.  Alternant agitation fébrile et profonde mélancolie. On le dit fou. Et ça fait très mauvais effet pour un pays d’avoir un roi fou. Alors on lui attribue un médecin, Johann Friedrich Struensee, pour accompagner, comprendre et modérer ses « éclats » d’âme retentissants.

 

Bon, je ne vais pas vous raconter toute l’histoire de « A Royal Affair » du cinéaste danois Nikolaj Arcel , parce qu’il y a des passions, un piano, des trahisons, une clé cachée, des morts, un Dog allemand qui bave, des coups d’état, des perruques, des perruques, des perruques, des maladies, une lettre de Voltaire, et qu’on y serai encore dans 2 heures. Surtout si je me mets à vous parler de Mads Mikkelsen, aaaaaaaaaaaaah Mads Mikkelsen ; son silence, son regard, ses cheveux dans les yeux… Dans la peau du fameux médecin.

 

Bien.

 

Un jour, Mads (enfin Johann) dit au roi qui prend son bain :

 

« Vous dites qu’on vous prend pour un fou ; moi je ne crois pas que vous soyez fou. Mais parfois, lorsqu’on est trop à l’étroit dans son destin, on n’a plus d’autre solution que de se réfugier tout au fond de soi ».

 

Le mot « destin » est à comprendre ici dans le sens du mot latin « Fatum », le destin irrévocable, la fatalité ; le destin frappeur et aveugle.  Et non comme le « Sort spécial réservé à un être humain ou à une chose, conditionné par un fait inéluctable, notamment par sa nature propre » l’autre définition du mot « destin », qui se rapprocherait du terme « vocation ».

 

Christian est roi, donc. Mais en fait, au fond de lui, il n’est pas roi. Il est comédien et amoureux des Belles Lettres. Pas de chance. Il ne vibre qu’au contact des textes de Shakespeare, qu’il déclame passionnément :

  • Du haut de sa loge en couvrant les voix des comédiens présents sur scène

  •  Pendant les dîners pincés, au beau milieu du plat de résistance (ou du dessert, c’est selon)

  •  En plein Conseil des Ministres

  •  Et tout le reste du temps aussi

Et comme Christian ne peut pas être qui il est, il se réfugie tout au fond de lui-même, et s’évade de la réalité en s’embourbant dans les bas-fonds de Copenhague, en siphonnant des tonneaux de vin, et en horrifiant régulièrement la Cour.

 

Il n’est pas fou. Il n’a juste pas la liberté d’être lui-même. Il n’a pas la liberté de faire ce qui lui plaît vraiment.  Il n’a pas la liberté de déployer son potentiel. Et sa vie manque cruellement de sens.

 

Ce qui arrive à Christian VII de Danemark en 1770, c’est plus ou moins ce qui peut arriver à chacun de nous. Pas forcément de façon aussi visible, spectaculaire, ou destructrice. On peut juste être irritable ; triste ; sans énergie ; amer ; accro à divers divertissements. Et c’est peut-être alors signe que l’on n’est pas tout à fait aligné, que l’on n’est pas tout à fait sur sa voie ; que ce n’est pas exactement notre vie qu’on est en train de vivre.

 

La bonne nouvelle, c’est que nous ne sommes plus en 1770. Et que nous ne sommes pas destinés à être rois ou reines d’un pays. Et que personne ne viendra nous arrêter et nous jeter au cachot pour vouloir essayer de suivre notre destin. Pas le Destin fatal. Le Destin-Vocation.

 

Alors si, en vous sondant très sincèrement, vous vous sentez un peu trop à l’étroit dans votre vie, c’est que le moment est peut-être venu d’écouter Mads…

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© MAUD SIMON / Fais ce qu'il te plaît / Witch in the city / My Genius / Little Big Soul, 2019.

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